BMW i8 Coupé: Compte rendu d’essai

Bonjour à tous !

Pour changer un peu de ma « city mobile », j’ai décidé de me faire prêter une BMW i8, histoire de faire une petite mise à jour de mon train de vie et ainsi accéder virtuellement pendant quelques heures à la « grande vie ». J’ai presque pu me croire dans la peau de quelqu’un qui a la chance de pouvoir tout s’offrir; ou presque. Car oui, ce magnifique jouet a un coût : 150 000 euros à quelques centimes près, et ce sont donc généralement quelques rares fortunés, souvent accros aux belles voitures de luxe, parfois collectionneurs, qui viennent s’offrir ces jouets pour adulte. C’est donc grâce à la gentillesse de mon commercial « i » préféré de chez BMW Rossi à Seynod – à côté d’Annecy – que j’ai pu goûter aux joies de piloter l’une des sportives les plus originales et futuristes actuellement produite en série, la BMW i8.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la BMW i8, sachez que c’est une voiture hybride rechargeable (et non 100% électrique comme beaucoup le pensent) et qui est sortie 6 mois après la BMW i3, en 2014. Le chef designer du programme BMW i, Benoit Jacob, s’est inspiré du design des différentes dreamcars des années 1950, des BMW M1 (1978) et BMW Gina (2001), ainsi que de la BMW Lovos (2009), et enfin de la BMW Vision ConnectedDrive (2011). Un joli mélange qui donnera le résultat final que l’on connaît: une ligne hors du commun, moderne, élancée, agressive et classe à la fois. Tout un programme !

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Côté motorisation, il s’agit donc bien d’une hybride rechargeable comme je le disais et qui combine donc un moteur électrique – et ses batteries – ainsi qu’un moteur thermique. Le but de cette combinaison est double: il permet d’un côté de ne rouler qu’en électrique sur de petites distances en environnement urbain par exemple et tant qu’on ne demande pas de puissance importante, mais d’avoir aussi la possibilité d’enchaîner les kilomètres sans avoir à se soucier des infrastructures de recharges. Pas vraiment écolo jusqu’au bout, certes, mais pour une sportive de ce gabarit, une belle performance tout de même qui permet d’atteindre une consommation de 2.5l/100 (NEDC) pour une émission minimale de CO2 de  seulement 59g/km. Un record pour ce type de véhicules plutôt habitués aux 18l/100…. Cela ne m’empêchera pas de rêver d’une i8 100% électrique histoire de concurrencer le futur roadster de Tesla annoncé en 2020 par exemple (Bon, ok, 2022 pour les premières livraisons connaissant Tesla :p ) BMW, à vous de jouer !

Je ne vous ai pas encore parlé du moteur thermique car c’est là que toute l’ingéniosité – ou la fourberie, selon le point de vue – des ingénieurs de chez BMW a été mise à l’oeuvre. Une fois au volant, le premier choc est donc celui-ci: pas un bruit. « Évidemment » ! vous allez me dire… Mais non, justement, pas si évident.

Étant habitué aux Porsche, Ferrari, Maserati, Lamborghini, et autres super sportives qui traînent autour de mon lieu de travail, lorsque je vois un bolide, je m’attends forcément à un joli « ron-ron » reconnaissable en fonction de la marque du véhicule. Et bien je peux vous dire que de démarrer cette BMW i8, merveille du futur, sans entendre le moindre bruit, mais mieux encore, de se mouvoir ensuite en ville jusqu’à 50 km/h sans émettre le moindre son, c’est réellement bluffant. Et c’est un gars qui a presque deux ans de BMW i3 dans les dents qui vous en parle; habitué au silence devenu quotidien. On peut même atteindre doucement la vitesse de 120 km/h uniquement via le moteur électrique. Je vous laisse alors deviner l’autonomie dans ces conditions, en sachant qu’en roulant tranquillement, on peut faire un maximum de 40 km en électrique, la réalité est qu’on tourne plutôt autour de 30 km. Et donc à 120 km/h… disons qu’on devrait atteindre un maximum de 20 km. La version 2018 verra d’ailleurs ses spécifications légèrement revues à la hausse sur ce point.

Une fois le moteur thermique activé, soit pour une demande supplémentaire de puissance, soit pour une plus grande vitesse ou simplement par manque d’énergie restante dans les batteries, celui-ci démarre et vient alors propulser les roues arrières de l’i8, Ainsi entraînées par ce moteur trois cylindres essence TwinPower Turbo de 1,5 L, vous disposez de 170 kW (231 ch) pour un couple maximal de 320 Nm; le tout géré par une boîte automatique à 6 rapports. Et si vos batteries sont toujours en forme et bien remplies, vous disposez du coup d’un surplus de 96 kW (131 ch) sur les roues avant, le tout géré par une boîte automatique à deux rapports (Et oui ! Deux rapports ! Pas comme sur l’i3 – et la plupart des électriques – qui n’en a qu’un seul). Au final, vous avez à votre disposition 362 chevaux sous LES capots, et ça dépote !

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Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous offrir quelques vidéos « amusantes » que j’avais prévues sur cet essai car d’une part, il faisait très, très froid (-20 degré ressenti), avec beaucoup de vent et je crois que je me serais transformé en « reine des neige ». Mais surtout, une partie du matériel que j’avais commandé pour réaliser ces vidéos (triple ventouses pour Appareil photo reflex pour l’extérieur du véhicule) n’est pas arrivé à temps. En plus, j’étais mal préparé et pas très à l’aise pour me filmer (c’est un métier, quoi qu’on en dise) et faire un montage correct. Cela dit, je vais tout de même tâcher de vous faire vivre avec des mots (et quelques photos) ce que j’ai pu ressentir au volant de cette BMW i8. Promis, je me rattraperai plus tard pour la partie vidéo (un autre emprunt à BMW Rossi ? :p).

Mon tout premier sentiment à bord de cette voiture, il faut l’avouer, c’était le stress dû à l’appréhension de planter une voiture à 150 000 euros. Passé cette affreuse idée, plusieurs choses me sont venus en tête. D’abord, lorsque l’on vient d’une BMW i3, hormis le fait de se sentir à ras le sol, c’est plutôt un sentiment confortable qui vous envahi car de nombreux éléments à bord de la cabine sont relativement similaire à notre petite rocket électrique (BMW i3): le système multimédia BMW, les sons de mise en marche du moteur et les différents avertissements sonores, le système sonore Harman Kardon qui équipait cette i8 (et que je possède sur mon i3) – à la fois ses défauts et ses qualités d’ailleurs. Pour finir, la qualité de finition intérieur BMW était également au rendez-vous même si l’i8 reste bien différente de l’i3 sur ce point: Pas de planche de bord en bois, pas de plantes recyclées sur les portières et le tableau de bord: on n’est pas complètement sur le même état d’esprit mais peut-on vraiment reprocher à une sportive de luxe d’être plus silencieuse à vive allure et d’en donner un peu plus pour leur argent aux quelques riches acheteurs de cette voiture d’exception ? Le débat est ouvert !

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Une fois ces premières impressions passées, place aux quelques réglages de base : rétroviseurs, volant, et…. sièges électriques (quel bonheur comparé à l’i3 avec son système de réglage en hauteur archaïque). C’est alors qu’on commence à conduire et à s’apercevoir qu’on peut facilement prendre ses aises. Le volant est d’une souplesse incroyable. A la fois sécurisant et sûrement très ennuyant pour les amateurs de sports mécaniques qui aiment la conduite « en force » – comme sur une Porsche GT3 ou une voiture de rally par exemple – c’est sans encombre qu’on s’engouffre alors dans la circulation urbaine. Pas un bruit, pas de vibration, pas de passage de vitesse à passer, et un affichage tête haute projeté directement dans le pare-brise avec la vitesse en temps réel et la limite « théorique » de la vitesse autorisée sur le chemin où vous vous trouvez: que demande le peuple ? (Oh je sais ! Une BMW i8 100% électrique ! Bon allez, j’arrête de répandre mes idées folles…).

S‘en suit alors la sortie d’Annecy et l’entrée sur autoroute. « Hé Hé Hé… » Comment ça ? Je n’ai pas été très raisonnable ?! Mais si, mais si…. Chut ! Bon, je ne rentrerai pas dans les détails mais je peux vous dire qu’une fois le moteur chauffé tranquillement, je me suis livré à quelques essais (en étant seul sur la route). Oui, le 4.4 secondes de 0 à 100 doit pas être loin en effet, et oui on atteint des vitesses pas très légales très rapidement si on ne fait pas attention. Mais ce que je peux vous dire c’est que la voiture ne bronche pas d’un poile. Vent, vitesse, virages : on reste collé à la route tel un moucheron qui aurait fait une rencontre amicale avec votre pare-brise à la belle saison. Pour le coup, on est à dix milles lieux d’une i3 qui, on le sait, n’est pas très à l’aise une fois les 100 km/h dépassé, sans parler de la prise au vent. Mais bon, une fois encore, ce serait comparer des pommes et des courgettes.

J‘ai omis volontairement de vous parler de l’élément le plus « fun » dans cette voiture, et c’est le moment de le faire: un moteur 1.5l, franchement, niveau sonorité, c’est pas la panacée… Et alors que fait-on pour satisfaire nos oreilles ? Et bien on simule un son de moteur de  grosse cylindrée dans la voiture via deux enceintes situées au milieu de la « banquette » arrière. Dès que la voiture commence à pousser fort, vous vous croyez à bord d’une fumeuse…. Je trouve le clin d’œil amusant en sachant qu’on pollue nettement moins qu’une sportive 100% thermique et que de surcroît on à l’impression d’être un peu comme dans un jeu vidéo (pardonnez-moi pour la référence, il faut bien évidemment toujours rester prudent sur la route. Adaptez votre vitesse aux circonstances). Si je dis ça, c’est parce que malgré l’effet que procure cette simulation auditive, notre corps ne ressent pas les vibrations d’un gros moteur et qu’au final, on reste forcément un peu sur notre faim. Mais rendons à César ce qui appartient à César: le résultat est franchement amusant.

Évidemment, le fait de pouvoir également passer en mode « sport » et de bénéficier alors des palettes placées derrière le volant accentue le réalisme et le fun même si je suis resté pour ma part un peu frustré que la voiture ait parfois pris la décision de changer de rapport elle-même alors que j’essayais de monter un peu plus dans les tour. Disons qu’un quart de seconde avant mon action aux palettes, la voiture considérait que j’étais déjà trop haut et du coup me coupait l’herbe sous le pieds. Oh ! Frustration ! Mais laisse-moi juge de ce qui est bon pour toi !  😉 Hormis ce détail, dans l’ensemble, et malgré une certaine mollesse comparée aux à-coups d’accélération que peut nous offrir l’i3 à basse vitesse, l’i8 n’arrête pas d’accélérer à 100 km/h mais peut facilement atteindre 200 km/h avec une aisance déconcertante. (Chut ! Faut pas le dire !) Petit détail en passant: le compteur de vitesse complètement digital change sa couleur et ses graphismes pour matérialiser le mode « sport » avec le numéro des rapports de vitesse affichés pour vous aider avec les palettes.

Un point sur la régénération: (source site BMW)

Lorsque la voiture ne roule pas en mode 100 % électrique, la batterie haute tension est automatiquement rechargée par le moteur essence pour pouvoir être à la disposition en cas d’activation de la fonction Boost. La plus grande partie de l’énergie est stockée en mode SPORT et la récupération d’énergie lors des phases de décélération et de freinage atteint son maximum. En mode CONFORT et en mode ECO PRO, moins d’énergie est accumulée dans la batterie haute tension. Lorsque la BMW i8 fonctionne en mode HYBRID, la recharge de la batterie haute tension s’effectue exclusivement par récupération de l’énergie de freinage (Brake Energy Regeneration).

Concrètement, et comparativement à l’i3, la BMW i8 se comporte donc comme une voiture automatique thermique classique, avec un freinage régénératif supplémentaire que ne possèdent pas ces dernières. Lorsque vous sélectionnez le mode « D » (marche avant), la voiture avance toute seule, doucement, si vous relâchez la pédale de frein (comme une Renault Zoé d’ailleurs). Personnellement, je n’aime pas du tout ce système étant habitué à l’i3 qui ne bouge pas d’un pouce (sur le plat ou en montée – à l’arrêt) mais je suppose qu’il y’avait des contraintes mécaniques à ce niveau. N’étant pas expert sur le sujet je ne me lancerait pas dans le détail du pourquoi du comment. Quoi qu’il en soit, la batterie étant d’une capacité plutôt modeste, la régénération via le moteur thermique ou via la décélération du véhicule fait prendre rapidement quelques pourcentages d’énergie stockée et vous permet de profiter à nouveau pendant quelques instants de toute la puissance du monstre si vous le sollicitez.

Après ces quelques passages un peu « dynamiques », je suis revenu à la réalité: voiture garée devant la maison (Wahou ! Elle s’accorde vraiment bien avec la maison ! Je vais peut-être la garder finalement ! Le banquier m’a tout de suite appelé pour m’insulter), petite pause déjeuner, puis séance photo rapide en extérieur (je vous ai dit, il fait vraiment très froid) et un peu à l’intérieur (voir les photos au dessus). Je vous laisse donc admirer ces quelques clichés retravaillés rien que pour vous (4 heures de boulot pour 12 photos… Et oui, quand on est perfectionniste, on ne balance pas des photos prises à la va-vite avec son smartphone mais on prend son reflex, ses objectifs, et on shoot, puis on passe au post-processing sous Lightroom et Photoshop). J’espère que le résultat est à la hauteur de vos attentes en tout cas. Pour moi, c’est du plaisir, même si c’est du boulot ! 😉

Il est du coup temps de rendre la belle à ses propriétaires. Au fait, je vous ai dit qu’entrer et sortir de cette voiture n’était pas une affaire pour les gens qui ont des problèmes de dos ?  Et bien c’est dit ! Il y a plusieurs technique pour rentrer bien que celle du « Dos à la voiture, fesses en premier qui tombent sur le siège puis rotation des jambes dans la voiture » semble être la plus adaptée. Par contre pour sortir… on a pas l’air bien malin ! Bah oui, vous avez vu les portes ! Pour en jeter, ça en jette, mais c’est pas la voiture faite pour les petites courses quotidiennes.

Allez, je vous laisse là pour le moment et en profite pour remercier grandement une nouvelle fois BMW Rossi à Annecy (74) (ils ont d’autres concessions BMW et Mini dans la région) qui m’ont permis de vivre une expérience que peu de gens peuvent se permettre. Je n’hésiterai d’ailleurs pas à les solliciter très prochainement pour l’essai de la BMW i3s, et la BMW i3 LCI 2018 (comprenez par là, la « normale »).

Merci de m’avoir lu une nouvelle fois et comme d’habitude, n’hésitez pas à partager cet article sur les réseaux sociaux et commenter ci-dessous car ce sont les échanges entre passionnés qui feront grandir ce blog.

Roulez tranquille 😉

Brice Carette

6 Comments on “BMW i8 Coupé: Compte rendu d’essai”

  1. Superbe voiture, j’ai raté l’occasion de l’essayer chez mon concessionaire (il n’en a eu une que quelques jours en semaine…).
    Si seulement elle était en tout électrique…

    1. Bonjour Stéphane,

      Le freinage régénératif est bien moins puissant (et moins efficient du coup) que sur l’i3. Sur l’i3 tout à été clairement pensé pour gratter le moindre mètre d’autonomie supplémentaire étant donné que – hors REX – l’électrique reste le seul moyen de se mouvoir. L’i8 n’a pas eut la même attention au départ car elle n’est pas pensée pour batailler sur les même contraintes ou difficultés que peut avoir l’i3 vis à vis de l’autonomie.

  2. Le rampage est courant aussi bien sur une électrique que parfois sur une thermique BVMA, c’est une question d’habitude, on intègre assez vite, c’est parfois pratique pour faire ses créneaux à une vitesse minimale.
    Au sujet des BVMA, c’est quand même une bonne option, on a calculé qu’en supprimant les boîtes de vitesses manuelles en France on diminuerait la pollution automobile de 1/3 à 1/4 environ, la majorité des automobilistes — même responsables — étant fréquemment en sous ou en surrégime.
    Mais je m’aperçois à votre essai que ce véhicule ne me conviendrait pas, c’est une combinaison assez mal assortie un trois cylindres 1,5 l + 96 kW d’électrique combine les défauts d’un thermique à ceux d’un électrique, plutôt que leurs qualités ; d’où la « solution » un peu kitsch de la sonorisation moteur, dont je suppose qu’elle s’assortit bien avec la bande sonore de « La bataille de Midway » dans la sono Harman Kardon.
    Vous n’avez pas dit s’il restait un peu de place pour une brosse à dents dans cette automobile ?
    En tout cas la couleur de la M1 est bien d’époque !
    Merci pour votre essai très constructif.

    1. Merci Docteur Jivaro pour cette explication détaillée et très intéressant sur les BVMA.

      Concernant la place pour la brosse à dent… pas vraiment ! En fait, il y a énorme accoudoir central avec 2 ouvertures différentes. Une un peu plus profonde mais ne permet même pas de mettre un iphone Plus à plat dedans car ça ne passe pas en longueur. L’autre ouverture, un peu plus en arrière par rapport au « levier de vitesse » où l’on retrouve le snap-in pour téléphone et un peu de place pour mettre un trousseau de clé à plat,des cartes de crédit/papiers ou autre chose de ce style là. Il n’y a aucun rangement au niveau des portières, aucune place au niveau du tableau de bord, et la boîte à gant est difficilement accessible pour le conducteur (et pas bien grande non plus).

      Seule chose: un trou rond sur l’accoudoir central pour mettre une bouteille d’eau de 50 CL (ou une mug type starbucks peut-être). C’est pas grand chose mais c’est toujours ça de pris.

  3. Merci pour l’essai mais dommage que BMW ai donné le nom de I8 à une voiture principalement essence au mieux hybride qui n’a rien a voir avec une vraie électrique , de quoi ne plus rien faire comprendre à la plupart des gens qui croient qu’il s’agit d’une électrique…et puis pour ce prix il y a le vrai réve comme Ferrari…….

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